Finale du 36e Concours de Boulogne-Billancourt

Chaque année, le résultat du Concours international de créateurs de jeux de société de Boulogne-Billancourt marque une étape importante de la création ludique.

 

 

Le dimanche 17 septembre 2017, de 14h30 à 15h30, s'est tenue la remise des prix du 36e Concours international de créateurs de jeux de société de Boulogne-Billancourt. Voici l'identité des 4 vainqueurs de cette 36e édition :

 

  • ça déménage ! de Didier Dhorbait (France)

ça déménage !  

Un jeu d'adresse dans lequel, à chaque manche, les joueurs assemblent des pièces, pas forcément compatibles, sur un chariot branlant. Puis, les joueurs tentent de déplacer le chariot en faisant tomber le moins de pièces possibles. Le jeu est destiné aux joueurs à partir de 6 ans.

 

  • Murder Express de Henri Kermarrec (France)

   

Un jeu de cartes, jouables principalement par équipe, qui mêle tactique et finesse. A son tour, un joueur joue une carte devant lui, devant un autre joueur ou sur la zone du milieu. Il s'agit de faire habilement progresser les points d'accusation pour que l'un des joueurs de l'équipe soit en possession de la statuette de Pachacamac au moment où un joueur met fin à la partie en atteignant 7 points de culpabilité.

 

  • Spéléo de Marilyne Valnet (France)

   

Un jeu de placement très simple dans lequel les joueurs creusent des tunnels pour ramasser des objets et tenter de faire des collections d'objets différentes dans chaque couleur. Les joueurs tentent de trouver des coups juteux afin de récolter le maximum de jetons à chaque tour.

 

  • The Beast de Thomas Dagenais-Lespérance (Canada)

   

Un jeu d'affrontements asymétrique qui oppose un joueur Bête à un groupe de deux ou trois joueurs chasseurs. A la fois traqueurs et traqués, les deux camps cherchent à tuer l'autre en le chassant sans trop révéler sa position pour ne pas subir de représailles.

 

 Un week-end final

Les 4 jeux primés lors de cette 36e édition gagnent le droit de porter l'appellation "primé à Boulogne-Billancourt" et le logo afférent. Comme chaque année, il n'y a pas de hiérarchie ou de classement entre les prix. Les quatre jeux sont tous les quatre vainqueurs du Concours sur un pied d'égalité.

Les quatre jeux gagnants ont été choisis parmi 10 finalistes par un jury de huit spécialistes du jeu oeuvrant dans différents domaines du jeu. Pendant que les dix jeux finalistes étaient présentés, par leur auteur, au public de CreaGames les 16 et 17 septembre, le jury jouait aux dix jeux. Après avoir apprécié ces 10 jeux, le jury dut faire un choix cornélien pour n'en choisir que quatre. Ainsi vont les Concours; il peut y avoir dix bons jeux mais seuls quatre peuvent être primés.

Les six jeux qui portent la mention "finalistes à Boulogne-Billancourt" et ont le droit au logo éponyme sont :

  • CQFD, ce qu'il fallait dessiner de David Simiand et Pierre Voye (France)
  • Gruppetto de Bertrand Espinasseau (France)
  • Omega Fighters 3000 de Lilian et Simon Chiassai (France)
  • Steam Rush de Joachim Thôme (Blegique)
  • Space Odyssey de Pascal et Romain Cadot (France)
  • Welcome to Hill Valley de Benoit Turpin (France)

 

Le jury

Pour rappel, voici le nom des membres du jury du 36e Concours de Boulogne-Billancourt :

 -Laurence Caillon, responsable du blog GeekLette (France)

- Oriol Comas i Coma : auteur de jeux et directeur du festival de jeux de Barcelone (Espagne)


- Marie Fort, auteure de jeux de société (France)   

- Adèle Perché, joueuse passionné et ancienne des édition Ilinx, Repos Prod et du CNJ (France)

- Patrice Pillet, auteur de jeux, ancien lauréat du Concours en 1986 et gérant d'une boutique Totem (France)

- Noémi Poulain-Guillemin, co-gérante du café ludique La Fabrik à jeux à Nantes  (France)

- Eva Szarzynski, ludothécaire à l'association "A l'Adresse du Jeu" et responsable de "l'R de Jeux" à Paris (France)
- Michel Van Langendonckt, responsable du diplôme en sciences et techniques du jeu à la He2b et président de LUDO asbl, association de promotion culturelle du jeu et des ludothèques francophones belges (Belgique)

 

Ces jeux, les primés mais aussi les finalistes ont enthousiasmé les testeurs, les jurés et le public de CreaGames. Si vous êtes éditeur de jeux et que vous souhaitez entrer en contact avec les auteurs ou découvrir leur jeu, n'hésitez pas à nous contacter à l'adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .

Au début de ce 36e Concours, il y avait 110 jeux en compétition dont le nombre fut d'abord réduit à 30 après la sélection sur règles. Ensuite la phase de prototype permit la sélection de 10 jeux parmi 30.

 

Quelques infos en plus

Derrière chacun de ces jeux, un créateur se cache avec un nom souvent bien moins cité que celui de sa création. Cette année, nous avons décidé de donner la parole aux créateurs, aux quatre vainqueurs du 36e Concours de Boulogne-Billancourt en l'occurrence, qui ont accepté de répondre à quatre questions très simples afin de mieux les connaître.

 

 

DiDier DHORBAIT (ça déménage !) 

  

 

Qui es-tu ?

Je suis enseignant spécialisé et j’interviens auprès d’enfants en hôpital de jour.

 

Pourquoi crées-tu des jeux de société ?

Je créée des jeux d’abord pour mon plaisir, puis ensuite pour voir d’autres personnes prendre, à leur tour, plaisir à y jouer.

 

Que signifie pour toi le Concours de Boulogne-Billancourt ?

Pour moi être primé à Boulogne est une reconnaissance et c'est très valorisant. C’est aussi une grande facilité pour entrer en contact avec les éditeurs qui reconnaissent la qualité des jeux primés

 

Comment envisages-tu ton futur plus ou proche, en rapport avec la création ludique ?

La création de jeux est avant tout pour moi un loisir. Je pense encore participer de nombreuses années à ce concours en espérant pouvoir un jour me requalifier pour la finale et retrouver cette sympathique ambiance !

 

Henri Kermarrec (Murder Express) 

 

 

 

Qui es-tu ?

Je suis Henri Kermarrec, aventurier niveau 40 (ans), biclassé graphiste / auteur de jeu. Quand je ne travaille pas sur mes jeux, je fais de la direction artistique et de la création graphique en freelance pour des éditeurs de jeux de société, entre autres. Le reste du temps, je monte la côte de l’église pour aller chercher le pain, ou mes filles à l’école, dans une paisible petite commune bretonne.

 

Pourquoi crées-tu des jeux de société ?

D’abord parce que je suis joueur, je pense. Mais ce que je trouve formidable dans la création de jeux de société, c’est qu’il n’y a pas de méthode. Evidemment il y a de bonnes et de mauvaises façons de faire, mais il n’existe aucune - ou presque - formation académique sur le sujet. C’est à la limite entre l’alchimie (on tente des trucs, des formules improbables qui fonctionnent, ou pas) et le compagnonnage - on apprend de nos rencontres, des jeux ou des conseils d’autres auteurs ou éditeurs… c’est un espace rempli de possibles, accessible à tous. Les autres métiers de la création portent le poids d’une histoire remplie de grands hommes et de grandes oeuvres, que ce soit la littérature, la musique, le cinéma ou même la BD… L’histoire du jeu de société me semble plus humble et plus récente, elle est en train de se construire. C’est passionnant de pouvoir y participer. 

 

Que signifie pour toi le Concours de Boulogne-Billancourt ?

Quand j’ai commencé à envisager de créer des jeux de manière « professionnelle » (comprendre, dans le but de les faire publier, pas seulement pour jouer avec des potes), j’ai découvert l’existence du concours, qui est né la même année que moi, en 1977. A mes yeux il s’agit ni plus ni moins que du plus prestigieux concours de créateurs - d’abord parce que c’est le plus ancien, mais surtout parce qu’il a vu passer des auteurs et des jeux incroyables. Il est ouvert aux participants du monde entier, et il se démarque par sa volonté de privilégier l’originalité ou l’expérimental, et non le potentiel éditorial. Si on m’avait dit il y a dix ans que je serais primé à Boulogne, j’aurais bien ri, ça me paraissait inaccessible. Et puis un jour, on tente le coup : je vous laisse imaginer l’effet que ça m’a fait quand j’ai été primé pour Ekö en 2014 (NDLR: primés sous le nom Uma-Jirushi), c’était un réel accomplissement… et la seconde fois... c’est tout aussi énorme !

 

 

Comment envisages-tu ton futur plus ou proche, en rapport avec la création ludique ?

C’est un métier où il est difficile d’envisager quoi que ce soit à long terme. Le monde est rempli de bons auteurs et de bons jeux, les sorties se multiplient, tu ne peux pas être certain de grand chose, ta visibilité sur l’avenir est toujours incertaine. Ce qui permet d’être un peu plus serein sur l’avenir, c’est quand un de tes jeux parvient à s’installer durablement, mais c’est de plus en plus rare, et tu ne le maitrises pas, personne n’a la recette du jeu qui marche… donc je continue simplement d’essayer de faire des jeux que je trouve chouettes. Par ailleurs, de nos jours il y a des moyens d’être moins dépendant du circuit traditionnel, que ce soit le financement participatif pour palier au manque de capitaux, ou les outils comme l’impression 3D ou la gravure/découpe laser, qui permettent de faire de la microédition sur demande. C’est une façon relativement libre et artisanale de faire de la création/édition de jeux. Cela me plait bien, et je pense qu’un de ces jours je tenterais le coup.

 

Marilyne Valnet (Spéléo) 

 

 

 

Qui es-tu ?

Je suis éducatrice spécialisée de formation et travaille en tant que famille d'accueil. J'ai quatre enfants et fais l'école à la maison pour deux d'entre eux.

 

Pourquoi crées-tu des jeux de société ?

Au départ, j'ai créé des jeux pour amuser mon entourage et voyant que cela plaisait j'ai décidé d'aller plus loin.
J'aime le défi : inventer, construire, calculer, équilibrer et jouer !

 

Que signifie pour toi le Concours de Boulogne-Billancourt ?

C'est une belle opportunité pour mon jeu Spéléo et aussi une possibilité de pouvoir présenter d'autres de mes prototypes à des éditeurs.
De plus, c'est un prix prestigieux, donc plutôt flatteur !

 

Comment envisages-tu ton futur plus ou proche, en rapport avec la création ludique ?

C'est une passion. Que mes jeux soient édités ou non, je continuerai à en inventer.

Thomas Dagenais-Lespérance (The Beast) 

 

 

 

Qui es-tu ?

Je suis québécois et j'habite à Montréal dans le quartier Rosemont. Je travaille pour Foxmind, un éditeur et distributeur de jeux de société montréalais. Je suis responsable de la logistique principalement, mais je fais aussi plusieurs autres trucs, comme organiser les tests pour les régulations (CCPSA, CPSIA, EN-71, etc.), le support à la clientèle, présenter les jeux dans les salons, faire les factures, etc.

 

Pourquoi crées-tu des jeux de société ?

J'ai fait mes études en musique, composition classique, donc la création a toujours été importante pour moi. Je suis devenu un peu frustré par la composition musicale à travers les années, pour diverses raisons, et puis comme j'ai toujours aimé les jeux (vidéos pour une bonne partie de ma vie, de société surtout depuis 3 ans) j'avais envie de tenter le coup. La propagation des cafés et bars ludiques à Montréal a aussi certainement contribué à tout cela, en favorisant les rencontres avec des gens et des jeux inspirants.

 

Que signifie pour toi le Concours de Boulogne-Billancourt ?

C'est, à ma connaissance, le prix pour les jeux de société non édités le plus prestigieux. C'est aussi le prix dont le processus me paraît le plus rigoureux, et donc le plus respectueux des jeux et de leurs auteurs.

 

Comment envisages-tu ton futur plus ou proche, en rapport avec la création ludique ?

Je continue, ça c'est sûr!